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Le caillou dans la chaussure

13 avril 2006

Laurence Parisot a une « logique différente »


Déjà au lendemain du retrait de la disparition du CPE, la grande prêtresse du patronat se félicitait de ce que la flexibilité s’était trouvée au cœur des débats et qu’enfin, on allait pouvoir en discuter sérieusement. Le message n’était donc pas assez clair ? Il faut croire que la précarité est tellement naturelle qu’elle revient au galop avant même qu’on ait fini de la chasser.
Et voilà qu’elle nous en remet une couche. On apprend donc qu’un CNE n’est pas un CPE. On s’en doutait un peu, sinon il est probable qu’ils n’aient pas eu un nom différent. D’ailleurs, le CPE comportait une période de consolidation de deux ans au cours de laquelle l’employeur n’était pas tenu de justifier un éventuel licenciement. Alors que le CNE, non aussi. Il faut bien avouer que les deux contrats sont tellement similaires qu’on peine à y trouver des différences. A tel point que je crois bien qu’il n’y en a qu’une. D’accord elle est de taille et je suis un peu de mauvaise foi parce que c’est bien de ce point-là que dame Parisot parlait : le public concerné n’est pas le même (des deux côtés du contrat). En effet, pour pouvoir bénéficier d’un CPE, il fallait avoir mois de 26 ans et être embauché par une entreprise de plus de vingt salariés, alors que pour un CNE, il suffit d’être embauché par une entreprise de moins de vingt salariés. Là où le premier stigmatisait les jeunes, le second vise tout le monde, jeunes y compris donc. On a souvent l’impression que ce qui concerne tout le monde ne concerne personne, et c’est certainement une des raisons pour lesquelles le CNE a été introduit le premier. Quoiqu’il ne faille pas négliger non plus la quasi impossibilité de révolte des employés des très petites entreprises.
Il y a en tout cas une logique commune aux deux types de contrats, c’est de faire porter aux salariés une partie des risques encourus par l’entreprise, et donc les actionnaires, mais sans offrir aucune contrepartie.
Et puis, Laurence Parisot nous sert de nouveau la soupe maintes fois réchauffée de la nécessaire flexibilité du marché du travail afin d’augmenter les embauches et réduire le chômage. Mais cet argument est fallacieux : même l'OCDE reconnaît qu’il n’est pas possible de mettre en évidence une relation entre un marché du travail peu réglementé et un faible taux de chômage. Si les deux éléments cohabitent au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, un pays tel que la Nouvelle-Zélande, qui a poussé très loin la déréglementation de son marché du travail n’a pas vu son chômage diminuer. Et des pays comme l’Autriche, les Pays-Bas ou la Suède, dont les marchés du travail sont considérés comme rigides, ont un très faible taux de chômage.
Alors acceptons le débat mais faisons face aux fausses évidences.

1 commentaires :

  • Ouais, enfin pour les USA et UK, c'est quand même super loin de la réalité, le taux de chomage n'est plus depuis longtemps représentatif dans ces deux pays de la réalité sociale, et c'est d'ailleurs ce qu'oublient de préciser les gronazes de journalistes quand ils nous expliquent que les américains, eux, savent se sacrifier pour leur pays (et pour leurs patrons au passage)
    A part ce petit détail, je trouve ton article très bien.

    Par Blogger coco_des_bois15/5/06 15:40  

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