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Le caillou dans la chaussure

12 juin 2008

Ne pas gagner plus pour ne pas gagner moins

Selon une dépêche de Reuters titrée « Laurent Wauquiez contre les coups de pouce au smic », le secrétaire d’Etat chargé de l’emploi s’est déclaré opposé aux coups de pouce à l’augmentation du smic parfois accordés par le gouvernement au motif qu’ils contribueraient à tirer les salaires vers le bas. Selon ses propres termes, « c’est absurde et même contre-productif de faire des coups de pouce complètement artificiels parce que la seule chose à laquelle cela aboutit […] c’est à scotcher tout le monde au niveau du smic ».
Si comme moi vous pensez maîtriser les rudiments du Français et que êtes persuadé de pouvoir l’associer à un brin de logique élémentaire, vous devez éprouver quelques difficultés pour saisir le sens du raisonnement de M. Wauquiez. Augmenter le smic, c’est tirer les salaires vers le bas ?
C’est bien ce qu’il dit, mais ce n’est pas ce qu’il veut dire. Il faut tordre violemment son cerveau pour parvenir à se mettre à la place du sieur et apprécier la finesse de sa rhétorique. Je pense avoir réussi cette prouesse, rompu que je suis à la langue de bois des politiciens de tous acabits. Si l’objectif est que des pauvres soient moins pauvres, que ceux qui gagnent le moins gagnent un peu plus, il ne peut pas être contre-productif d’augmenter leur salaire. Mais cet objectif n’est nullement celui du secrétaire d’Etat. Son souci à lui c’est les statistiques sur la pauvreté, pas les pauvres. Vous allez me dire, mais c’est pareil : s’ils gagnent plus, ils sont moins pauvres. Oui mais non. Pas dans les statistiques. La pauvreté s’évalue selon les méthodes par la médiane ou la moyenne des revenus ou même par un pourcentage de l’une des deux. Ainsi lorsque l’on relève le smic, mais que le reste des revenus reste inchangé, on obtient mécaniquement une augmentation du nombre de pauvres. Alors pas question. Peu importe qu’ils en aient plus dans leur poche, il ne faut pas que la pauvreté progresse. Le smic ne doit donc pas progresser plus vite que les autres salaires.
Et même j’aurais une proposition à lui faire à ce bon M. Wauquiez. Je sais comment faire baisser la pauvreté en France. Putain ! Et dire que j’attends encore mon Nobel ! Mais enfin qu’attend-on pour baisser le smic ? Et ne me dîtes pas que si le smic baisse, il y aura plus de pauvres parce que les salaires vont baisser. C’est trop facile, comme raisonnement. Si le smic baisse, il y aura plus de gens qui gagneront moins. De plus en plus même. Et donc notre statistique de la pauvreté va baisser. C’est simple comme bonjour. Vous me direz que la statistique va baisser mais qu’il y aura plus de gens qui en auront moins dans les poches. Oui, c’est vrai, mais enfin, ce sont des gueux !

3 commentaires :

  • ;-))
    Cathy

    Par Anonymous Anonyme19/6/08 10:14  

  • Tu m'as bien fait rire avec tes gueux ! Sabine.

    Par Anonymous Anonyme1/7/08 07:08  

  • Et oui, visiblement mes gueux amusent.
    Hélas, je ne pensais pas être dans la caricature. Je suis persuadé que nombreux sont les politiciens qui ont du peuple une dé-considération très approfondie.
    C'est aussi le cas de la ministre de l'économie, Mme Lagarde, qui daigne proposer au peuple de se rendre à son travail en vélo pour économiser sur le coût de l'essence. Très drôle.
    Au fond quelle est la différence entre cette réflexion et celle de la brioche de Marie-Antoinette ? C'est facile : il reste encore quelques têtes à couper ! ;-)

    Par Blogger sol1/7/08 08:51  

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