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Le caillou dans la chaussure

12 juin 2008

Il n’est pire sourd…

Selon une dépêche de l’AP titrée « 35 heures : Fillon exprime la détermination totale du gouvernement », M. Fillon a déclaré « La voie du dialogue est toujours ouverte, mais en même temps chacun doit être conscient que notre détermination à agir est totale ».
Si l’on traduit en Français la pensée contradictoire du premier ministre, cela signifie sans doute que l’on a placé un panneau sens interdit de chaque côté de cette « voie du dialogue », afin d’être bien certain que nul ne l’empruntera. Dommage que ce ne soit pas sa détermination à écouter qui soit totale, la voix du dialogue aurait peut-être pu devenir audible.
M. Fillon a ajouté qu’ « il ne s’agit pas de renoncer à la durée légale, il s’agit de permettre la négociation de l’usage des heures supplémentaires dans l’entreprise sur la base d’accords majoritaires ».
Notons que le premier ministre prend soin de ne pas préciser à quelle durée légale il entend ne pas renoncer. Au vu de l’accord sur le temps de travail, que nous ont mitonné les ministres européens de l’Emploi, il y a de quoi être inquiet.
Quant à ce dont au sujet duquel il s’agit de « permettre », je suis un peu surpris de l’urgence décrétée par M. Fillon : « Nous ne pouvons plus aujourd’hui perdre de temps ». Les heures supplémentaires sont actuellement possibles, légales, annualisables (depuis les 35 heures), rémunérées avec un supplément de 10% contre 25% auparavant, et l’employé n’a pas le droit de les refuser. Il m’apparaît clairement qu’il y a urgence à cesser de prendre les entreprises à la gorge. C’est pourquoi le gouvernement va éviter la négociation afin de permettre aux entreprises de négocier. Comment s’étonner ?

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