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Le caillou dans la chaussure

10 janvier 2008

Référendum : La France a déjà voté OUI

Alors que se profile la prochaine ratification du traité simplifié pour l’UE par l’assemblée nationale, certains empêcheurs d’européer en Europe font délibérément du zèle en vue de s’y opposer.
Ils espèrent obtenir un blocage de la modification de la constitution française par les parlementaires. Ils peuvent toujours rêver. Certes la droite n’est pas majoritaire puisqu’il qu’il faut les deux tiers des députés et sénateurs réunis pour l’autoriser, et que de plus quelques élus de l’UMP, indécrottables nonistes, persistent dans leur attitude de moutons noirs. Certes le PS pourrait quasiment à lui seul bloquer cette modification et imposer ainsi le passage par le référendum, comme Ségolène Royal et le parti qui la soutenait s’y étaient engagés pendant la campagne électorale de la dernière présidentielle.
Les pénibles souhaitent de nouveau bloquer l’UE au moment où elle paraît prête à se relancer. La spectaculaire paralysie du géant bleu, l’insurmontable retard pris sur l’inéluctable marche du monde ne leur suffisent pas. Il est pourtant plus que temps de sortir de la léthargie et de renouer avec le principe de la réforme, pourvu qu’elle libère le marché. Et ce n’est quand même pas la faute du marché si les salariés sont affaiblis ou les consommateurs enchaînés. Les salariés sont libres de ne plus l’être si leur statut est si pénalisant. Ils voudraient quoi ? L’autogestion ? Je me marre. Ils savent bien au fond qu’il n’y a pas d’alternative. N’ont qu’à monter leur boîte. Quant aux consommateurs, ils sont les premiers bénéficiaires de la concurrence [1] et ce n’est pas la peine de se lamenter pour quelques quasi-monopoles.
Alors qu’on ne leur a rien demandé, pénibles donnent sans cesse leur avis, argumentent sempiternellement et vont même, c’est un comble, jusqu’à lire le nouveau traité pourtant rendu délibérément illisible dans sa nouvelle rédaction. Ils affirment qu’on a remodelé la constitution en en gardant la substantifique moelle, qu’on a ainsi fait sortir par la porte tout ce qui les gênait clairement et pour mieux le ré-introduire par la fenêtre des annexes et autres amendements. Par exemple la concurrence libre et non faussée, qui figurait dans l’article 2 du TCE, en a été retirée pour les satisfaire. Elle n’apparaît plus que dans un minable protocole annexe [2]. Ils vont même jusqu’à soudoyer d’incontestables partisans du traité tels que Valery Giscard d’Estaing, Jose-Luis Zapatero, Angela Merkel ou Jean-Luc Dehaene, pour leur faire dire que rien de fondamental n’a été changé si ce n’est la présentation. Mais enfin, de qui se moque-t-on ?
Les pénibles déclarent que ce qui a été fait par référendum ne peut être défait que par référendum. Certes, mais le nouveau traité a été simplifié. Il n’a plus rien à voir avec le défunt TCE. La preuve, c’est que Nicolas Sarkozy lui-même l’appelle mini-traité. D’ailleurs il est plus long que l’ancien et contient plus d’articles. Tous mélangés. Ce qui, nul ne peut le contester, contribue à la simplification autant qu'au caractère mini.
Maintenant il faut parler clairement et dire les choses telles qu’elles sont. Il n’y a pas de surprise. Pendant la campagne électorale qui s’est brillamment conclue pour lui, le candidat Nicolas Sarkozy avait annoncé de manière on ne peut plus franche qu’il obtiendrait un nouveau traité simplifié et qu’il le ferait ratifier par voie parlementaire [3]. Il ne fait que tenir sa parole. Et certains le lui reprochent ! De quel droit ?

De toute façon le référendum a déjà eu lieu.


C’était le 6 mai 2007. Et la France a voté oui à 53,06 %. Alors camembert !


Notes
[1] Il est quand même fort rare qu’on arrive à prouver qu’elle s’entend sur leur dos.
[2] Qui a, je le dis discrètement à l’attention des personnes raisonnables qui savent voter comme on leur dit, a la même valeur exactement que l’article retiré.
[3] En même temps, l’aurait bien eu du mal à faire autrement, vu que les autres gouvernements de l’UE n’étaient disposés à relancer des négociations qu’à la condition qu’il n’y aurait pas de nouveau référendum en France.

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