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Le caillou dans la chaussure

19 juin 2008

Hadopi, un ami qui vous veut du bien

D’après un article de libération.fr, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il n’y avait « aucune raison qu’internet soit une zone de non-droit ».
Et pour une fois, cher président, je suis bien d’accord avec toi. Et je pense pouvoir affirmer que nous sommes bien nombreux à penser ainsi. Cependant, je me permets de te faire remarquer, M. le président, que le droit est le même pour tous et qu’ils s’applique partout, internet compris. Enfin ça c’est la théorie, parce que dans la pratique, on sait bien que les étrangers ne sont pas des gens comme nous et qu’on pourra bientôt les enfermer pendant 18 mois si l’administration le décide. On sait bien que les prisonniers ne sont pas des gens comme nous et qu’il vaut mieux fermer les yeux sur ce qui se passe à l’intérieur de nos prisons.
Mais pour les gens normaux, le droit est applicable. Même sur internet.
- Non ?
- Si, si !
- Ah bon.
Il est vrai que sur internet la fraude est massive, comme elle l’est sur la route. D’ailleurs les principes retenus dans la prochaine loi Hadopi ne sont pas sans rappeler d’une part les radars automatiques et d’autre part les permis à points. C’est, en effet, le titulaire de l’abonnement qui sera visé par les sanctions, comme l’est le propriétaire d’un véhicule sur la route vis-à-vis des radars automatiques. Á ce sujet, je me suis toujours demandé ce que ça donnerait si des parents offraient un véhicule à leur bébé nouveau-né pour l’utiliser ensuite. En cas d’excès de vitesse le bébé pourrait-il être décemment poursuivi ? Lui retirerait-on des points sur son permis préventivement, en attendant qu’il ait l’âge d’avoir son permis ? Le sommerait-on de dénoncer les coupables pour faire la preuve de son innocence ?
Mais revenons à notre Hadopi. On part donc d’une présomption de culpabilité et on accorde au désigné coupable le droit de renverser la charge de la preuve. Chacun sera tenu de sécuriser sa ligne et devra assumer le comportement des éventuels autres utilisateurs. Sur internet, on choisit donc de construire un droit particulier afin de parer à une situation de non-droit qui n’existe pas.
Catherine Albanel considère dans un élan d’optimisme emporté qu’il serait « déjà considérable » de parvenir à « faire baisser de 70 à 80% les actes de piratage ». Sauf votre respect, Madame, vous vous foutez le doigt dans l’œil. Jusqu’au coude. Certes, il est tout à fait possible que cette loi parvienne à diminuer le nombre de téléchargements illégaux, mais jamais ce ne sera dans ces proportions et, dans tous les cas, cela restera très temporaire. Juste le temps, en fait, que les internautes changent de procédés pour s’échanger les fichiers de manière moins repérable.
Encore une nouvelle loi qui ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau.
Pourquoi ne pas chercher plutôt un autre moyen de rémunérer les ayant-droit et de parer à leur manque à gagner ? Sans doute parce que là n’est pas le but de la loi. Il s’agit plutôt de protéger une industrie moribonde qui passe pour ringarde et rétrograde. Les internautes l’ont dans le nez au double motif qu’elle n’a pas cherché à s’adapter aux nouvelles technologies et qu’elle a toujours préféré la répression pour tenter de maintenir sa rente de situation, tout en sclérosant le marché au profit d’artistes populaires, vendeurs et généralement installés, au détriment des jeunes artistes souvent plus iconoclastes.
La situation est évidemment compliquée mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer de résoudre le problème de manière efficace et mesurée. Pourquoi ne pas commencer par réunir les artistes et le public pour en discuter ?

2 commentaires :

  • Je te lis dans le désordre, un peu de ci, un peu du caillou, tu nous transformes en Petit Poucet.. Pour revenir à nos moutons du débat sur le téléchargement, c'est un sujet qui m'intéresse bcq. La formule Deezer semble être une piste possible. je pense que des solutions doivent être trouvées par la profession qui gère les artistes eux-mêmes, dans un sursaut de survie ou qui que ce soit qui réfléchit à la rémunération des artistes dès qu'ils ont une audience. Fichu modèle économique !
    Sabine.

    Par Anonymous Anonyme1/7/08 06:44  

  • @ Sabine :
    A l'heure actuelle, je suis persuadé que la licence globale serait un bon début. C'est une formule qui permettrait de donner une audience à des artistes débutants ou peu vendeurs qu'aucune maison de disque ne souhaite produire.

    Par Blogger sol1/7/08 08:45  

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