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Le caillou dans la chaussure

18 février 2009

Il n’y a pas de petit profit…

… Enfin, ça dépend pour qui.

Dame Parisot enrage. Elle n’est pas d’accord, mais pas d’accord du tout, avec la nouvelle idée gadget [1] de notre ventilateur [2] de Princident qui la décoiffe.
Selon elle, le profit est divisible par 2 pas par trois. Il suffit de décomposer le profit sous forme de nombres premiers et l’on voit tout de suite que 3 ne fait pas partie de la liste. Les travailleurs ont déjà touché tout plein de pognon sous forme de salaire [3], pas question que les actionnaires ne leur en filent un peu plus. D’après la matrone des patrons, il ressort du « droit de propriété » [4] des actionnaires et de personne d’autre de « décider du montant des dividendes ».
Mais ce qu’elle oublie volontiers, c’est que ce droit n’a rien de naturel et qu’il vient d’une loi. Or ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire. Tout aussi simplement. Certes, ceux qui font la loi sont des copains et ils ne vont pas piquer dans la poche des coquins. Il n’en reste pas moins vrai qu’en théorie au moins, il serait tout à fait possible pour le gouvernement, si bien sûr il en avait réellement la volonté, de faire ce qu’il dit. Mais que dame Parisot se rassure, cela n’arrivera pas. Et c’est bien ainsi. Parce qu’en creusant à peine, à peine, à la surface de cette idée fort creuse, j’ai eu comme un doute quant à la santé mentale de l’essaim de conseillers qui bourdonnent autour du princident. En effet, selon les chiffres fournis par la grande prêtresse du Medef, en 2007, 72 milliards d’euros ont été versés aux actionnaires alors que 147 milliards ont été investis. Ce qui nous fait grosso modo un partage un tiers/deux tiers. Si l’on souhaite donc distribuer plus équitablement les profits en en refilant un tiers aux salariés, ce n’est pas dans la poche des rapaces assoiffés de pépètes qu’il va falloir le prendre mais dans la part des investissements, ce qui, vous en conviendrez aisément avec moi, pourrait s’avérer stratégiquement désastreux pour les entreprises.
On remercie bien bas notre princident pour cette fumeuse idée qui ne mettra le feu qu’à la poudre d’escampette, mais on peut peut-être trouver d’autres moyens d’agir. Nous pouvons nous montrer plus directs et donc plus efficaces. Nous pouvons réquisitionner les entreprises [5], nous débarrasser des actionnaires en les expropriant, et donner à l’ensemble des salariés le pouvoir d’autogérer les entreprises.
Voilà un excellent moyen de récupérer les 72 milliards d’euros inutilement versés aux actionnaires à qui nous pouvons toujours réserver un stock de goudron et de plumes.
C’est irréalisable ! C’est inapplicable ! C’est utopique ! Je les entends tous couiner d’ici. Mais ce qu’ils oublient, c’est qu’il suffit qu’une majorité soit intéressée par ce changement pour qu’il ait lieu. C’est bien ça la démocratie, non ? Même pas besoin de révolution et de barricades. Juste d’utiliser la loi contre eux, comme eux, d’habitude, l’utilisent contre nous. Ce ne serait pas plaisant ?
Alors, on se bouge le cul ?


Notes
[1] Qui n’est là que pour amuser la galerie et disparaîtra aussi vite qu’elle est venue.
[2] Mais si, vous savez, celui qui s’agite beaucoup mais produit essentiellement du vent.
[3] D’après elle, 672 milliards d’euros en 2007. C’est une belle somme, dommage qu’ils soient si nombreux à la partager. Salariés, prenez donc exemple sur les patrons qui sont beaucoup moins nombreux et gagnent beaucoup plus.
[4] Qui comme chacun le sait est inaliénable quand il est privé et insupportable quand il est public.
[5] Toutes ? Oui, toutes ! On n’est pas là pour jouer du pipeau.

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